samedi 20 mars 2010

2 BLENHEIM PLACE

Adresse de la branche la plus proche de la Royal Bank of Scotland. Façade de l’avant-dernier siècle, arrondie, rassurante. Cette banque se trouve à un carrefour qui voit débuter Leith Walk, longue rue faisant quitter l’Edimbourg touristique pour plonger vers une réalité sociale un peu plus complexe, finir Royal Terrace, large croissant d’immeubles cossus adossés à un parc surplombant la ville, s’ouvrir Leith Street, centre commercial étiré, garni de bureaux, de cinémas et de restaurants, et s’incurver London Road, celle-là même qui conduit à Portobello. Les fenêtres de l’établissement sont anciennes et les bordures ont été peintes en blanc avec une peinture grasse et crémeuse qui fait chaud au cœur. Je viens déposer un chèque. L’établissement est désert.

Après une ouverture de compte assez facile, la seule complication venant des lèvres que le conseiller financier s’obstinait à ne pas bouger en parlant avec un fort accent, l’activation de la carte de débit s’est avérée plus pénible avec une multitude de courriers, d’instructions, de languettes à gratter puis à placer sur une surface blanche afin de déchiffrer un code secret pâle et frêle.

Moment choisi : la configuration du compte en ligne. Décider d’un code secret à 4 chiffres et d’un mot de passe comprenant lettres et chiffres. Bon. J’obtempère, m’enregistre, me déconnecte et me reconnecte pour tester l’accés à ce compte. Surprise, on me demande d’abord ma date de naissance (6 chiffres faciles) suivie de mon numéro de client (5 chiffres qui se trouvent sur l’un des nombreux courriers). Puis on me demande le 2ème, le 4ème et le 1er chiffre de mon code secret. Léger agacement. Mais pas au bout de la manœuvre : il me faut rentrer les 5ème, 6ème et 9ème caractères de mon mot de passe. Hum, compter sur les doigts ? Visualiser dans l’espace ce mot de passe. Je n’y arrive pas. Il faut l’écrire, le chuchoter, compter sur ses doigts, compter en l’air… Une certaine idée flottante de la sécurité.




Ce matin, pour arriver à la banque, j’ai remonté London Road et longé une coulée herbeuse recouverte de fleurs violettes, mauves et blanches. Tons vifs plastique, on les auraient crues posées là par une grand-mère méticuleuse. Le contraste avec l’herbe grise éprouvée par l’hiver et les chiens était un peu sinistre. En été ce parc est très vert, à l’ombre d’arbres épais, et l’on y croise des japonaises en chapeaux et collants blancs.