samedi 6 février 2010

WAVERLEY PARK TERRACE

Quartier d’Abbey Hill, à l’est d’Edimbourg
(A vue de nez, 50 mètres de long et 20 mètres de large)

Nous sommes installés à Waverley Park Terrace, à ne pas confondre avec Waverley Park, sa perpendiculaire. Waverley Station, la gare principale d’Edimbourg, se trouve quant à elle à une vingtaine de minutes à pied.
Particularité anglo-saxonne, on trouve souvent plusieurs déclinaisons d’un même nom de lieu. Ex : Royal Terrace, Royal Park Terrace, Royal Crescent. Parfois ces lieux communiquent, débouchent les uns sur les autres, se croisent ou se suivent mais parfois aussi ils sont séparés par plusieurs pans de ville.
Réflexe un : bien noter chaque mot dans les adresses de rendez-vous
Réflexe deux : acheter la Streetfinder Collins Map d’Edimbourg ( 1 mètre sur 80 centimètres) et la punaiser (délicatement) sur le mur vert olive tendre de la cuisine. C’est un bel objet.

Waverley Park Terrace est une rue très courte, très calme, très résidentielle. Tous les immeubles y font trois étages. Sur son côté gauche (lorsque l’on a Waverley Park - qui se trouve être une rue et non pas un parc - dans son dos) de petits immeubles plutôt récents (milieu des années 90), façades en pierre claire, fenêtres sans âme, paraboles et toits en ardoise carrée. Sur son côté droit par contre les immeubles sont anciens, assombris. Les fenêtres sont plus étroites mais plus hautes. Ici, pas de faux balcons en fer noir de dix centimètres de profondeur comme en face. Juste des façades rectilignes, deux ou trois immeubles qui se succèdent, identiques et dignes. Seule la couleur des portes d’entrée principales change. Nous avons du bleu canard.
La rue se termine brusquement par quelques marches de pierre et un mur. Dans ce mur, un passage, une percée. Derrière cette percée, une étendue d’herbe, des arbres, plus aucune trace de la ville, aucune limite visible : Holyrood Park.

Au fenêtres, rarement de rideaux, sauf pour les chambres. Les cuisines s’offrent à l’extérieur sans retenue. Les deux premiers jours ça semble terriblement cinématographique et puis on s’habitue, on ne regarde qu’à peine et on ne contrôle plus ses propres gestes (car s’ils n’ont pas de rideaux, nous non plus). Dès 18h30, des volutes de fumée sortent des casseroles, les gens se penchent sur leur plan de travail, débitent, tranchent, salent, poivrent puis mastiquent vers 19h30. Au premier étage du n°1 Waverley Park Terrace, contenant les appartements 1 à 7, deux couples, la trentaine, se partagent une cuisine très équipée. Colocation ? Amis en visite ? Au rez-de-chaussé, devant la porte d’entrée de l’immeuble, le seul arbre de la rue. Très jeune, aucune feuille pour le moment, impossible de lui donner un nom. 7 mois par an, dans quelques années, la cuisine des deux couples sera peut-être protégée des regards…

Un couple se dispute au bout de la rue. Accent épais, elle ne mâche pas ses mots, silhouette trapue, il ne ménage pas ses gestes.

Il a bruiné toute la journée. La chaussée est luisante. Il fait raisonnablement froid.

1 commentaire:

  1. c'est beaaaaaaaaaaauuuuuuuu !

    "il fait raisonnablement froid"
    j'adore !
    j'arrive !
    un jour...

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