samedi 13 février 2010

95 HAYMARKET TERRACE

Hier, rendez-vous au 95 Haymarket Terrace avec l’administration britannique. Identity and Passport Office. J’ai eu le poste au Scottish Documentary Institute, je n’en reviens toujours pas. Il faut donc que je m’inscrive pour obtenir un National Insurance Number, seule formalité indispensable pour que je puisse commencer à travailler en Grande-Bretagne. Toute personne ayant goûté aux joies des démarches auprès de la Sécurité Sociale en France peut comprendre la petite boule d’anxiété nichée au creux de mon estomac tandis que je marchais sur Haymarket Terrace, succession d’immeubles de bureaux impersonnels.
N°95, façade aux vitres fumées, les ravages architecturaux du début des années 90. Le sms que l’on m’a envoyé pour confirmer mon rdv indique le 1er étage. Couloir avec moquette épaisse, caméras de surveillance, porte à interphone. « I have an appointment ». Tout respire le Département d’Etat à l’américaine. Je suis en avance par habitude et non par calcul. La porte s’ouvre : je suis accueillie par Lust For Life et par un sourire d’un employé en chemise parme. Après deux questions d’usage et la prise en charge de mon passeport, l’employé m’indique que l’attente ne sera pas longue. Je lui fais remarquer que la musique est surprenante et bonne. Il me répond que sans ça ce serait la mort. Les caméras de surveillance n’enregistrent pas le son mais elles ne peuvent pas ne pas le voir se trémousser sur du Iggy Pop. Quelle humanité au Home Office. Je m’installe dans un fauteuil. Pas une fenêtre, des affiches souriantes et multi-ethniques sur les formalités à accomplir pour travailler en toute sérénité. Un jeune russe patibulaire et une italienne attendent leur immatriculation.

Lust For Life se termine. A ce moment, incroyable surprise, les premières mesures de la bande originale de Twin Peaks se mettent à résonner dans la pièce. Je tourne la tête vers l’employé de l’accueil juste à temps pour le voir fermer les yeux et savourer la musique. Où suis-je ?

L’entretien et les formalités ont pris une quinzaine de minute. Le conseiller qui s’occupe de mon dossier a un flamboyant tatouage sur le biceps, un paon en couleurs. Il porte une chemise à manches courtes, parme. Choix chromatique pour l’uniforme : parme donc. Je me trouve dans une dimension parallèle, quelque part entre Lynch, le catalogue de la Redoute (qui comporte à mon avis le plus d’occurrences du mot « parme ») et une publicité pour la gentillesse du peuple écossais.

Pendant ces quinze minutes, l’ipod de l’employé à l’accueil est passé d’Underworld (bande originale de Trainspotting… ah je les y prends, un peu de nationalisme tout de même) à Born To Be Wild, en passant par du Dylan…

Je sors , non sans avoir, chaleureusement et avec un peu trop d’insistance, remercié mes hôtes. Un numéro me sera attribué dans deux semaines.

Je vis ici.

2 commentaires:

  1. rahhh pas de bouton "j'aime". mais "j'aime"

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  2. Oui je sais, il faudrait aussi que j'ajoute une liste des blogs amis, que j'apprenne à mettre des sous-titres aux photos et un peu de musique aussi peut-être... Mais ici, pas d'internet illimité, j'ai donc le tâtonnement un peu coupable. Au fait merci pour la participation active !

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